Sonate à un disparu

J'ai été stupide de penser que tu serais toujours là, à m'attendre, à supporter être le jouet de mes moindres caprices. Je crois que pour moi tu étais un monument, quelque chose d'immuable, je n'aurais jamais imaginé que tu puisses disparaître comme ça. Tu était ma Tour Effeil, mon Panthéon, t'étais un peu déglingué mais je t'aimais bien. Peut-être que j'ai eu tort, de m'amuser un peu comme ça, mais je croyais que tu me comprenais, ou tout du moins que tu acceptais les règles du jeu, de me laisser venir petit à petit. Cependant, je me suis profondément trompée, et tu n'es plus pour moi qu'un fantôme de plus.
Adieu cher ..., j'aurais aimé que tu me souhaites encore un joyeux non-anniversaire.
Encore et encore.
Sonate à un disparu
# Posté le jeudi 17 avril 2008 18:02

because the night

because the night
J'ai six ans. Je crayonne ma main, appliquée, sur mes cahiers. Ce pauvre Lazzare Ponticelli devient Charlie sous ma plume, je le travestis assez facilement: lunettes rondes cerclées de fer, rayures rouges et blanche, pompom sur la casquette.
Mais où est Charlie? Dans la tombe!

J'ai six ans et je suis un enfant marqué par la société, votre société.
Société, je t'emmerde.
Dors, Charlie.
# Posté le vendredi 21 mars 2008 16:02
Modifié le jeudi 17 avril 2008 18:03

Note pour moi même

Note pour moi même
Plus j'avance et plus tu recules, peut être n'es-tu qu'un mirage.
# Posté le vendredi 21 mars 2008 15:30

Herbacées.

Herbacées.
J'ai toujours trouvé ça beau quand ils poussaient le van.
Ce jaune, un peu sale, cette carcasse déglinguée, c'était le symbole de leur unité. Oui, c'est à ce moment là qu'ils sont tous les plus beaux, tendus dans l'attente. Ils ne font qu'un, ils sont tous unis dans le même but, ils sont extraordinaires. Oui il le sont, pourtant ce sont des pauvres humains, avec leurs immondes défauts, leurs vengeances perfides, leurs velléités débiles... Ne sont sont ni des matyrs, ni des modèles; ils ne sont même pas admirables. Et pourtant ils sont extraordinaires sous le soleil tournesol qui les suit et ne les quitte pas, à pousser la vieille carlingue fanée: ils sont complets. Peut être admire-t-on ce dont on manque; j'admire leur complétude à ces moments précis. J'aimerai la ressentir parfois, cesser de m'éparpiller au gré du moindre souffle, de bribe de vent imaginaire.
J'aimerai être une fleur plus noble: on n'offre pas de bouquet de pissenlit, on les mangent seulement par la racine. Je voudrai aussi m'empêcher d'être ma propre bise, de me casser, me désunir moi même, de tourbiller; je voudrai être complèter, unie, à moi-même, aux autres, aux mondes (laissons de côté les animaux merci), tant de gens le sont. Je me sens conne et mes efforts s'essouflent. Dehors, la tempête rugit.

Les pétales de rose tombent et le vent offre une danse à un sac plastique même pas recyclable.
Je continue mon job de fleur.
Le van démarre.
Les Etats-Unis me manquent.

Et la tempête, toujours.
# Posté le jeudi 13 mars 2008 18:42

J'ai l'impression d'être un imposteur.

J'ai l'impression d'être un imposteur.
Parfois dans le silence, j'ai peur de n'être rien ou pire, de ne pas être.
Je veux ressentir. Des émotions, des émotions, toutes les émotions, en intraveineuse. Il n'y a pas de bonne ou mauvaise émotion, tout comme il n'y a pas de mots jolis ou laids: tout dépend du bouquet que l'on en fait, de la façon dont l'artiste, expert ou béotien les assemblent, avec minutie, colère ou nonchalance. J'ai besoin de vie d'extravagance, de grandeur aristocratique, de pauvreté misérable, d'être impératrice, assassin, assassinée, de laisser une marque, un peu sale, dans l'Histoire. Intensité et Effroi, à l'opposé de ce que je hais, banalité, vulgarité, faiblesse... Ennui. Putain ce que l'ennui me tue, me consume, avec le Temps, ce terrible ennemi comme disait Baudelaire. Le temps qui passe et ma tête est toujours sans couronne. Ennui. Intensité. Ecouter la musique, se sentir vivre, du fond de ses tripes, Dieu que c'est beau, vous êtes sûr que Jimmy n'a pas de sang celeste? c'est un dieu, un poète, un artiste, son message est émotion pure, universel. Je monte en Zeppelin haut, très haut. c'est beau, très beau. Les têtes couronnées tombent, le Peuple est Roi de la blanchisseuse rongée par la tuberculose au bourgeois empatée.
Révoltion!
# Posté le vendredi 29 février 2008 17:04
Modifié le samedi 15 mars 2008 16:24